
Avant le déclenchement de l’opération Overlord, le village de Pont-l’Évêque est occupé par la 711. Infanterie-Division allemande, dont le PC se trouve à Vauville.
Dans la soirée du 6 juin 1944, à 20 h 22, l’aviation alliée bombarde la commune afin d’entraver l’arrivée des renforts ennemis vers le front en détruisant les voies de passage, notamment les ponts sur la Touques. Ce raid aérien cause la mort de 17 civils, blesse 40 habitants, tue sept soldats allemands et détruit plus de 60 % du bourg.
Le 22 août, plus de deux mois plus tard, la 6th Airborne Division cherche à reprendre Pont-l’Évêque, toujours défendu par l’Infanterie-Regiment 744 de la 711. Infanterie-Division. Une reconnaissance menée par les éléments motorisés du 1er groupement indépendant belge venus de Branville essuie les tirs allemands aux abords de la ville. Ces renseignements confirment que la commune — située en contrebas de la vallée de la Touques et encerclée de collines occupées par des observateurs d’artillerie — sera difficile à prendre. Dans l’après-midi, le No. 48 (Royal Marine) Commando de la 4th Special Service Brigade aborde les hauteurs ouest pour évaluer le dispositif ennemi et engage de courtes escarmouches.
Le général Gale charge alors le Brigadier Nigel Poett (5th Parachute Brigade) de capturer la ville et de sécuriser un maximum de points de passage sur le fleuve. Prévue le 22 août au soir, l’attaque est repoussée au 23 août après-midi. Le 13th Battalion Parachute Regiment doit établir une tête de pont sur les deux rives, tandis que le 12th Yorkshire Battalion Parachute Regiment donne l’assaut vers la gare.
Précédé d’un tir de fumi-gènes britanniques, le 13th Para lance l’offensive. Après avoir franchi le premier pont sur la Touques, les parachutistes, épaulés par quatre chars Cromwell du 6th Airborne Armoured Recce Regiment, dépassent l’église et bousculent l’adversaire. Toutefois, les Allemands intensifient leurs tirs, détruisent un char et bloquent toute avancée supplémentaire. En parallèle, le Captain Baker, à la tête de la compagnie A du 12th Para, tente une traversée à la nage de la Touques ; sans renforts et face à des forces ennemies supérieures en nombre, il doit se replier vers son point de départ. Les tirs et bombardements déclenchent alors de violents incendies dans la ville.
Devant l’échec de la manœuvre, le Brigadier Poett stoppe les opérations dans la soirée et ordonne de tenir une position défensive ferme pour la nuit. Rien que sur cette journée, 95 parachutistes sont mis hors de combat (56 au 12th Para et 39 au 13th Para). Au matin du 24 août, une patrouille du 13th Para réussit à traverser le second pont — réduit à une simple structure métallique — et atteint la rive orientale sans opposition. Le lieutenant-colonel Peter Luard, commandant le 13th Para, ordonne l’infiltration de ses troupes par ce passage pour consolider la tête de pont. Mais les Allemands contiennent la poussée britannique, bloquent l’accès aux autres quartiers et multiplient les contre-attaques.
En début d’après-midi, les incendies repartent de plus belle, menaçant de couper les lignes britanniques sur leurs arrières. Poett engage alors sa réserve, le 7th Para Regiment, pour inverser le rapport de force et permettre au 13th Para de se réorganiser. La tactique réussit : les Allemands abandonnent les ruines de la ville et se replient sur une ligne défensive entre Saint-André-d’Hébertot et Saint-Benoît-d’Hébertot. Ils laissent derrière eux 127 tués durant ces combats. Au total, la libération et les bombardements auront coûté la vie à 30 habitants de Pont-l’Évêque.